Sentiers, routes et chemins

Présentation
Nouveautés
Les Origines
Baronnie
Le Prieuré-Cure
La Commune
Pierres et Monuments
Les Villages

    

Sentiers, chemins et routes :

les voies de communications communales d’hier à aujourd’hui

 

 

   Au cours de ces dernières décennies, l’aménagement et la création de grands axes routiers départementaux ou nationaux ont modifié considérablement le paysage de communes rurales. Saint-Etienne-Lardeyrol fut de celles-ci lorsque le nouveau tracé de la route nationale 88 fut réalisé, perchant le village de Montferrat au sommet d’une falaise.

   Le réseau routier communal actuel est pour une grande partie d’origine ancienne. Sentiers ou chemins de terre à l’origine (nombreux le sont encore aujourd’hui), certains ont été élargis, ont vu leur tracé modifié, puis les plus importants furent goudronnés au cours des XIXe et XXe siècle. Le réseau routier s’améliora aussi lorsque apparut la notion de désenclavement. Ce concept permit à la commune d’être raccordée d’une part au chemin de fer par une route la reliant à Lavoûte-sur-Loire, et d’autre part à la route nationale 88 et à son chef-lieu de canton.

Périodes anciennes

   Pour des périodes anciennes, il est difficile d’établir exactement les itinéraires entre deux points cités par les textes. Même si les grands axes reliant des cités importantes sont connus, les chemins desservant les hameaux ou villages situés à l’écart restent très hypothétiques. Seules des trouvailles archéologiques peuvent venir confirmer ou infirmer des hypothèses de tracé.

   A l’époque gallo-romaine, le Velay était traversé par de nombreuses voies dont celle dénommée route de Lyon à Bordeaux qui venait d’Usson-en-Forez, passait par Saint-Paulien et se dirigeait vers Chapeauroux. Cette voie possédait de nombreux embranchements dont celui qui traversait l’Emblavez et s’en allait vers Vienne ou Annonay par le col du Tracol. Plus près de nous, elle passait par Lavoûte-sur-Loire, Beaulieu, Rosières et se dirigeait vers Messinhac (commune de Saint-Julien-du-Pinet) et Villeneuve (commune d’Yssingeaux. Cette route est restée la principale jusqu’au XIIIe siècle, époque à laquelle est créée celle passant par Le Pertuis.

   L’an mil est considéré comme une période d’expansion de la présence humaine dans nos campagnes. Le développement des ordres religieux permit notamment le défrichement de terres encore inexploitées et l’installation de l’homme dans des zones encore vide de sa présence. Au fil des années, des sentiers ou des chemins furent créés afin de faire communiquer ces groupes d’habitats et de les relier aux centres paroissiaux, seigneuriaux et urbains situés à proximité. Sur le territoire communal actuel, nous pouvons imaginer de nombreux chemins reliant les hameaux habités à Combriol et au bourg, sièges présumés successifs de la paroisse, ou au château de Lardeyrol. De même qu’une hypothétique voie reliant Saint-Etienne à Rosières et à la voie romaine de l’Emblavez, a pu suivre l’itinéraire La Chaud de Combriol, Céaux, le cours de la Roudesse, Les Potus. Enfin, un sentier ancien et attesté reliait la seigneurie de Glavenas à celle de Lardeyrol en passant au pied du suc de Jorance, Rioufrayt, Chambe de Bos, Pailhaires, Ouspis, empruntant plus tard la route Le Pertuis-Le Puy jusqu’à Lardeyrol.

   Au XIIIe siècle, une voie passant par le col du Pertuis est créée. Cette route venait d’Yssingeaux, traversait Le Pertuis, le village de Montferrat et se dirigeait jusqu'au Puy. Il en existe peu de vestiges, si ce n'est près du village du Mont, où elle franchit le ruisseau de la Roudesse sur un pont que les gens du pays qualifient de romain, et où Roger Gounot a reconnu des claveaux gallo-romains en remploi (conservés d'une première construction, ils auraient été réutilisés sur place. Malheureusement depuis la crue de 1999 qui emporta ce pont, l’appareillage en pierres a été remplacé par une structure en béton. Un péage situé près ou dans le village de Montferrat appartenait au seigneur de Lardeyrol. Mais à la différence de celui qui existait au Pertuis, il n’en subsiste aucune construction.

 

Du XVIIIe siècle à nos jours

Tout au long de l’Ancien Régime, les chemins se sont multipliés sur la commune. Tracées en fonction du relief, ils étaient constitués de sentiers et de chemins plus larges destinés aux piétons ainsi qu’aux chars à bœufs. La comparaison des plans cadastraux napoléoniens et d’une carte topographique d’aujourd’hui confirme que toutes les voies apparaissant au début du XIXe sur la commune existent encore aujourd’hui. Certaines ont été améliorées et sont devenues des axes routiers (voies communales, départementales), d’autres sont restées des sentiers.

   C’est au cours de la seconde moitié du XIXe siècle que l’Etat et le département vont entamer une politique d’amélioration des « routes » : chaussées élargies, nouveaux tracés effaçant au mieux le relief, liaison intercommunales..

   La technique de construction des routes est restée longtemps la même. Elle consistait en une couche de pierres cassées à la main recouverte d’un lit de sable ou de pavés si la pente était importante. La circulation des chars assurait le tassement de cet ensemble. Malheureusement, cette technique soumise aux mauvaises conditions atmosphériques n’était pas viable, et les chaussées se dégradaient très vite obligeant régulièrement les autorités à les refaire. A la mauvaise saison ou lors de pluies abondantes, elles se déformaient, s’engorgeaient de terres provenant des champs contigus et devenaient impraticables. Le goudronnage, seul remède efficace, n’apparaîtra en Haute-Loire qu’au tout début du XXe siècle.

La première moitié du XIXe siècle ne voit pas de grands travaux entrepris sur les chemins communaux. En 1825, le conseil municipal demande le classement des routes suivantes :

   - chemin vicinal du Puy à Saint-Etienne-Lardeyrol puis à Glavenas ;

    - chemin de Céaux  à Chamblas puis Yssingeaux ;

     - chemin de Fougères, La Coste et Combriol au bourg.

   En 1845, la même demande est faite pour celui de Montferrat au bourg qui est un chemin très fréquenté mais qui « est cependant presque impraticable par la quantité de pierres qui l’obstrue, et les murs de clôture qui s’écroulent de toutes parts », et celui du Mont au bourg que le maire décrit comme étant « aussi impraticable par son encaissement ou les eaux pluviales en forment presque un ruisseau et la quantité d’argile qui forme le fond mêlée de grosses pierres ».

   Au cours de la seconde moitié de ce siècle, le développement des échanges et un besoin de communication entre les villages de la commune et les communes limitrophes va nécessiter l’amélioration du réseau existant et à la création de nouvelles voies. Les principaux travaux se portent sur deux axes majeurs dont les tracés existaient déjà en partie. Le premier fut le chemin reliant Fougères au Puy, le second devait relier Lavoûte-sur-Loire à Saint-Hostien, puis après quelques années de réflexion, fut celui d’une route allant de Lavoûte-sur-Loire à Saint-Julien-Chapteuil.

   Chemin du Puy à Fougères

Le chemin reliant le Puy à Fougères traverse la commune d’est en ouest. Son tracé, différent de ceux actuels des routes départementales 26 et 43, empruntait des chemins encore visibles aujourd’hui. Il possédait une importance économique et administrative puisqu’il reliait Saint-Etienne au chef-lieu du département. Son trafic étant devenu important, le conseil municipal décida de l’améliorer en achetant de nombreuses parcelles de terrains entre 1854 et 1858, notamment dans le village de Combriol et au-dessous du pont de la Lèche afin de l’élargir.

   En 1899, l’avant projet d’une route reliant Blavozy à Fougères était voté. Les acquisitions de terrains nécessaires à la portion allant de la limite communale sud (côté Blavozy) jusqu’au carrefour de Lachaud de Combriol furent signées en 1909 et le projet fut accepté dans son ensemble par le conseil municipal en 1914. La Première Guerre mondiale retarda énormément les travaux des deux tronçons suivants, Lachaud de Combriol-route de Céaux et route de Céaux-Le Coudert, qui ne furent programmées qu’au cours des années 1920. La dernière partie allant du Coudert à Fougères  fut réalisée durant la décennie suivante.

 

   Chemin de Lavoûte-sur-Loire à Saint-Hostien puis de Lavoûte-sur-Loire à Saint-Julien-Chapteuil

  Une autre route traversant la commune du nord au sud et reliant Lavoûte-sur-Loire à Saint-Hostien (Cellier) allait aussi se développer. Ce vœu du conseil municipal était motivé par le fait qu’elle permettrait d’un côté de relier la commune à la gare de chemin de fer la plus proche (Lavoûte), et de l’autre, d’atteindre la « route impériale 88 » et les marchés de Saint-Julien-Chapteuil et d’Yssingeaux. Ces deux extrémités permettraient des débouchés plus importants pour le commerce de toute nature (bétail, pierre de Condros...).

   Dans un premier temps, le projet n’apparaît pas avoir été étudié dans sa globalité puisque deux tronçons distincts de route furent projetés à huit ans d’écart, l’un reliant le bourg à la route 88, le second reliant le territoire communal à Rosières

Le premier fut pensé en 1869, lorsqu’un futur tracé routier reliant le bourg à la « route impériale » fut examiné. Le conseil municipal émettait l’avis « qu’un chemin partant de Saint-Etienne contournant les hauteurs sur un chemin rural appelé chemin des Serts aboutisse à la route impériale 88 sur le terrain d’Aupinhac. Les chemins ruraux actuellement existant décrivent une grande courbe formée d’une rampe rapide, d’une descente plus rapide encore au point dit de la vieille estrade ou le communal du Poux ».

   Le second projet fut cartographié en 1877. Cette année là, le conseil municipal se prononçait définitivement sur le tracé d’un axe Saint-Etienne-Lardeyrol – Lavoûte-sur-Loire en le faisant passer par le village du Mont (d’ici il rejoignait Ouspis puis Saint-Hostien), le bois de Chamblas, le ruisseau de la Lèche, le chemin de Céaux (puis Le Riou et Malrevers). Il n’était pas prévu que ces deux tronçons de route soient reliés l’un à l’autre, si ce n’est que par des chemins secondaires existant.

   Ce tracé routier fut remis en cause quelques années plus tard, lorsque l’on évoqua une route reliant le chef-lieu communal à Saint-Julien-Chapteuil.

   En 1885, Saint-Etienne-Lardeyrol étant la seule commune à ne pas être reliée au chef-lieu de canton, demanda l’établissement d’une route qui passerait par le calvaire et irait jusqu’en limite communale (champ du Poux) pour rejoindre la route 88 puis celle de Saint-Pierre-Eynac à Cellier. Ce projet devint celui d’un axe revu Lavoûte-sur-Loire - Saint-Julien-Chapteuil via Condros au nord. Ce tracé présentait l’avantage d’être plus direct et de passer par le bourg.

   En 1892, le conseil municipal vota un emprunt pour la réalisation de la partie reliant le bourg à la route nationale. Le tracé proposé restait presque similaire à celui de 1869 : il sortait du bourg par la route du Mont puis, sur la droite, empruntait un chemin qui débouchait sur la route de Rabuzac et qui se prolongeait jusqu’à Montoing. Quelques années plus tard, la copie sera revue et le tracé modifié pour former l’itinéraire actuel de la route départementale 26.

En 1896, les travaux terminés, le conseil municipal demandait son classement en chemin de grande communication.

Les ponts

   La commune n’est pas traversée par une rivière à flux important, mais par quelques ruisseaux dont les crues ont pu causer de gros dégâts aux passerelles ou ponts qui les enjambent. De tous temps, et ce jusqu’à nos jours, quel que soit la structure des ouvrages, ceux-ci durent subirent les assauts de l’eau.

   La Roudesse, principale rivière traversant la commune, est d’aspect tranquille une grande partie de l’année. Son passage à gué est même possible à de multiples endroits. Cependant, quand arrive de fortes pluies elle peut s’avérer complètement folle et tout emmener sur son passage. Tous les ponts ou passerelles qui la traversent ont subi ses assauts jusqu’à être, pour certains, totalement emportés.

   L’ouvrage le plus connu est celui qui est appelé à tort « Pont Romain ». Il se situe sur la limite communale avec Saint-Hostien, et permettait à l’ancienne route médiévale reliant Le Puy à Annonay de franchir La Roudesse et de remonter sur le col du Pertuis. Avant qu’il ne soit totalement emporté en 1999 et remplacé par un cadre en béton, son architecture remontait au mieux qu’au XVIIIe siècle. Il fut certainement reconstruit, totalement ou en partie, après les inondations du 13 août 1741 qui lui causèrent des dégâts importants.

Plus en aval, à Roulhac, Bronc ou Céaux, les habitants demandèrent à de nombreuses occasions que l’on rebâtisse les ponts. En 1865, la passerelle de Roulhac est emportée, en 1867 on refait celle de Bronc « qui sera plus large et plus haut permettant une meilleure circulation des charrettes et des eaux »... Plus près de nous, les mêmes demandes ont été faites au cours du XXe siècle jusqu’à ce que l’on érige des ouvrages en béton qui supporte les coups de boutoir de l’eau.

   La Lèche, ruisseau qui se jette dans la Roudesse, possède des humeurs beaucoup moins violentes. N’ayant pas aujourd’hui un débit suffisant pour détruire les ponts qui la sautent, elle fut quand même assez forte en 1831 pour emporter le « ponceau » qui l’enjambait au carrefour de la route de Céaux. Elle inonda de nombreuses fois le chemin qui venait de Combriol, mais ne réussit jamais à détruire le pont en pierres qui avait été rebâti. Des travaux récents ont encore permis à l’eau de s’écouler plus facilement.

 

 

 

 

 

                                                                                                                         Thierry Alloin