Pont de la Roudesse

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Le pont antique de la Roudesse

«  Il est un pont pour qui je donnerais bien des palais royaux et des sites célèbres » , disait Gérard de Nerval. Ce pont, le voici.

Dans le fond d'une petite vallée, à la limite des communes de Saint Hostien et de Saint Etienne Lardeyrol, sur le ruisseau appelé « La Roudesse », le pont, caché dans la verdure, est d'une étonnante beauté.

Le chemin qui le traverse est étroit, non carrossable, bien qu'il ait des lettres de noblesse. L'arche de ce pont, ignoré même des habitants du voisinage, est d'une pureté d'ouvre d'art. On la découvre en descendant jusqu'au ruisseau, par une sorte de sentier au milieu des broussailles.

L'ensemble est d'un aspect rustique, mais parfaitement équilibré. Le fond du ruisseau, sous le pont, est tapies: de dalles sur chant.

Peut-on penser qu'il y eut là un gué aménagé ? Nos voisins suisses, qui, dans le cœur de leur pays, près de Engelberg, ont un pont étonnamment semblable jusque dans son environnement de rocs et de broussailles, en exposent des photographies dans leurs posters et leurs calendriers.

 

Une merveille cachée  

Or, chez nous, cette merveille reste cachée, comme un tableau dans une collection radiculaire. Le chemin pour lequel il a été construit est une voie très antique, celui qui reliait le Velay à la région de Lyon. Le savant Chanoine Fayard pense qu'elle a été reprise à l'époque romaine, mais que, restant trop dans les vallées, elle a d'abord été une route gauloise.

Elle passait par le pont de Sumène, le hameau de Montferrat (dont le nom rappelle le chemin ferré donc pavé), près des fermes de Rabuzac et de Rochemezelle et montait droit sur le col du Pertuis par le côté nord du mont Pidgier.

Depuis Montferrat jusqu'au Roudesse, ce chemin sert de limite entre deux communes qui se partagent le pont ce qui montre son antiquité antérieure à la formation des paroisses.

C'était encore la route du XVIIème siècle. Le pont a été étudié par Jean Chevalier dont l'érudition lui permet des comparaisons (bulletin historique de la société académique du Puy). Ce dernier affirme que le pont n'est pas un pont romain et a dû être reconstruit, « peut-être au 18ème siècle dont on sait que l'inondation du 13 août 1741 lui occasionnèrent des dégradations » .

Cependant, s'il a été refait, en tout ou partie, on a réemployé des clavaux gallo-romains (Roger Gounot) provenant d'une construction antérieure sur place.

 

La Route des pèlerins et des marchands

L'historien Jean Persel issu du Pertuis et resté très attacha aux villages du Meygal, bien que ses fonctions n'aient exilé à Clermont Ferrand, a montré que toute cette région était à peu près vide d'habitants jusqu'au XIème siècle.

Des bois, des pierres, Saint Hostien étant un hameau de la paroisse de Rosières et donc aussi Le Pertuis, qui est commune depuis le milieu du siècle dernier. La route antique traversait de longues étendues désertiques et donc sauvages.

C'est sans doute pour cela qu'après l'an mil, les Chapteuil établissent au Pertuis un péage et un hôpital qui passèrent ensuite aux seigneurs de Glavenas.

Bien des voyageurs, des pèlerins et des marchands traversèrent le pont de Roudesse, montant ensuite vers Le Puy par Montferrat et découvrant d'un seul coup le clocher de la cathédrale mariale en franchissant le col de Montjoie. La grande maison qui marque cet endroit et en a gardé le nom, a été magnifiquement restaurée.

Il convient donc, par piété historique et par émotion esthétique, de surveiller le pont de Roudesse, ce que fait Henri Dubois. Ce dernier souhaite que les vieilles pierres du pont soient protégées. Il rappelle en outre que le projet de déviation de Saint Hostien passerait sur le pont « ce qu'il faut absolument éviter ».

Pour gagner cet endroit un peu secret, il faut prendre le CD433 soit à Saint Hostien, soit à Ouspis, s'arrêter au chemin de croisement avec la route qui descend des Chazes et prendre le chemin caillouteux qu'empruntèrent pendant des siècles, armées, grands seigneurs, manants et gens d'église.

 

JP MASSE