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Premières traces d'occupation humaine

(des origines au Xlè siècle).

 

 L'archéologie.

Nous ne connaissons que très peu de chose des premiers siècles de l'époque gallo-romaine et du Haut Moyen Age (Ier au XIè siècle) dans notre commune, aucun vestige n'ayant été jusqu’à ce jour découvert.

M. Lacombe, maire de la commune, signale en 1859 à Auguste Aymard, historien local, la ''Pierre Saint-Georges'' au lieu dit Pailhère. Cette dernière est une représentante des roches dites à bassin qui, à des âges reculés, auraient reçu un culte. Elle aurait servi d'autel ou de simulacre informe de divinité, selon lui. Toujours d’après Auguste Aymard, deux noms à terminaison latine étaient gravés sur cette ''Pierre Saint-Georges'', terminaison que Gounot, conservateur du musée Crozatier au Puy, ne put lire. En tout cas, cette pierre jouit de la renommée de guérir les enfants en bas âge. De plus, la légende veut que saint Georges y ait tué de son sabre un serpent qui entourait la montagne de ses replis. Cette pièce pourrait attester l'existence de population.

Un historien local mentionne (l'existence d'un dolmen situé au lieu-dit appelé « las tres peyres »| (les trois pierres). Ce lieu est cornu dès le Moyen Age puisqu'il a mentionné dès 1324 dans un acte de délimitation de la paroisse de Saint-Etienne-Lardeyrol (lastrapeyras). Le rédacteur de cet acte se sert de ce point comme (me borne, le situant de la manière suivante : «  (cette limite) va vers le colombier de dom Bertrand d'Ebde (certainement Ceaux d'Ebde) puis tout droit au lieu de la strapeyras puis descend vers un certaine ferme de Condros appelée ferme de Liau ».

Ce lieu pourrait être localisé entre l'extrémité nord du chemin de la Croix des vents (aux environs de la seconde croix restaurée) et l'amorce du chemin qui descend vers la départementale 26. Il est de toute manière situé sur un point haut. Est-ce une erreur de transcription de ce nom latin, ou bien le lieu-dit existe t’il encore ? Si cette dernière hypothèse est retenue, le monument est-il encore visible? En tout cas, si ce dolmen a réellement existé, il a pu abriter one chambre funéraire bâtie à un âge reculé prouvant là encore une occupation ancienne.

A Saint-Pierre-Eynac, sur le site du château de Lardeyrol, une pièce d'or à l'effigie d'Anastase Ier, empereur romain d'Orient (491-518) a été trouvée en décembre 1884. Ce triens est une monnaie Wisigothe. Sa présence ici peut s'expliquer par le fait que les Wisigoths dominaient une grande partie de la Gaule, et qu'Euric, un de leur roi, possédait entre autres terres le Velay. Ces monnaies seraient l'indice d'un commerce établi entre le Puy et l'Italie et d'une probable présence humaine sur le site.

Quelques années plus tôt, en 1861, c'est à Glavenas que furent mis à jour une poterie pleine de monnaie, des « constantins » et un « arcadius » du nom des empereurs romains Constantin et Arcadius des IV et Ve s.

Tous ces indices, qui ne sont pas exhaustifs, portent à croire que cette partie nord de l'Emblaves fut très tôt occupée par l'homme. Des traces des premiers occupants de notre commune restent certainement enfouies dans le sot. Au gré des travaux agricoles, des successions de périodes humides et sèches ou tout simplement du pur hasard, il sera peut-être possible d'apercevoir ou de découvrir des vestiges d'un passé lointain.

 

La toponymie.

 Cette science qui étudie la formation du langage définit pour un nom de lieu donné, la période historique au cours de laquelle il est apparu de même que sa première occupation humaine.

La commune de Saint-Etienne-Lardeyrol possède plusieurs centaine de noms de lieux différents dont les origines restent variables. De par sa formation, l'apparition dans le temps d'une minorité de noms ne peut faire l'objet d'une datation approximative: il s'agit des noms de lieu composés avec celui d'une personne (Champ Martin,...), ou restés trop évasifs (Bois de la feuille, ..).

Pour d'autres noms qui ont conservé dans leur formation des éléments qui les font appartenir à une période historique, il est possible d’établir leur période d’apparition et de les classer de la manière suivante:

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 - noms d'origine préceltique (antérieurs : 1'an 800 av. J.-C.). La Haute-Loire a connu (une occupation humaine très ancienne qu’ont mis à jour différents chantiers de fouilles (Polignac, Chilhac, Espaly, Arlempdes). Ces derniers ont permis de déterminer la présence de l'homme dès - 2 000 000 I - 1 500 000 d'années avant J.-C. A Saint-Etienne-Lardeyrol, La « Chaud » ou « La Calm » ou « La Chambe » sont devenus des noms très usités: Chambe de Bos, La Chaud (La Chaud de Rougeac dont le nom ancien est « La calma d'Oys »  sont des noms dont la forme la plus ancienne est connue, bien que cela ne soit pas une preuve absolue d’authenticité. D'autres toponymes ont été retenus comme appartenant à cette période : Chantres (pente rocheuse), Charentus, Le Carme (pierre, rocher), Huche pointue, Huche plate (hauteur), Pailhaire (versants Rocheux), Ségalayre (plateau rocheux), Le Toupy (ravin), Le Vent (hauteur).

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- noms d'origine celtique ou gauloise. Les Celtes sont arrivés en Gaule entre -800 et -500 ans av. J.-C. Ils sont à l'origine de ceux qui deviendront les peuplades gauloises. Celle qui s'est installée dans le bassin du Puy prit le nom de Vellave. Les noms issue de cette période sont Combriol, Lardeyrol (deux mots évoquant un espace défriché permettant l'installation de population), Condros (évoquant le confluent de ruisseaux ou de voie de circulation), Chassaure (village sur la hauteur ou petite chênaie).

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- formations gallo-romaine, constituées dans les premiers temps de la romanisation de la Gaule (de 52 av. J.-C. au Ier simple ap. J.-C.). Ce sont les mots dont les terminaisons se font en «  ac » : Rougeac, Roulhac, Rabuzac.

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- formations latinos et romanes (1er-Xème) sont surtout des noms se rapportant à l'eau, le relief la végétation, l'habitat... En voici quelques exemples : Ouspis (les pins), le Coudert (pavage communal), la Graveyre (terrain graveleux), Fougères (fougeraie)... .

En repentant sur une carte communale ces premiers lieu d'habitation, il est aisé de remarquer qu’une première implantation humaine s'est opérée en deux zones distinctes, l'une situés au sud de la commune, les pentes sud sud-ouest du Fracelier et nord-est du suc de Garde, et l'autre au nord: la Huche plate et ses contreforts, la Huche pointue-La Chaud de Rougeac-Chambe de Bos. Dans un second temps, ce sont les terres de Combriol et de Condros qui ont été habitées, peut-être par les descendants des précédents qui se seraient rapprochés des points d'eau. Puis, lors de la période gallo-romaine, l'homme s'est installé I Roulhac et Rabuzac, au gré de l'avancement des défrichements.

Cette analyse peut-être sujette à révision ou controverse tant que ce n'a pas été confirmé par l'archéologie, cependant, la toponymie permet de démontrer la permanence de l'occupation du sol et de sa mise en valeur depuis une époque donnée, aussi lointaine soit-elle.

Un dépouillement complet des matrices cadastrales du début du XIXe siècle permettrait d'obtenir une liste des lieux-dits et des noms de terroirs aujourd'hui disparus ou plus utilisés. Une étude toponymique réalisés sur cet ensemble portrait déboucher sur la réalisation d'une carte plus fine des premières occupations humaines à Saint-Etienne-Lardeyrol.

 

Thierry Alloin.